Entre les pelotes de câbles vétustes qui tissent une toile anarchique sur le quartier, on distingue les buildings de luxe aux façades couvertes de leds animées. Des enfants en guenilles dorment à même le sol devant les cafés chics pour touristes et locaux friqués. Les tuk-tuks bricolés tout droit sortis de Mad Max et les scooters péraves jouent des coudes avec de monstrueux 4×4 Lexus et consort. Ici c’est Vegas en Terre Inconnue.

Sa bécane greffée au corps, la centaure du bitume fit irruption dans le village de paille. Avec pour escorte un formidable nuage d’ocre, un boucan infernal de tronçonneuse éraillée et une odeur enivrante de gasoil et de terre sèche.

Raides et sublimes sur leurs pilotis, les dames de plâtre traînent dans leur sillage saccadé un banc de parasites fébriles assoiffés de clichés exotiques. Mais qu’on ne s’y méprenne pas, la Geiko de Kyoto n’est pas là pour décorer les rues antiques. Elle est l’Art, l’essence surannée d’un système archaïque strict ou l’excellence est au service de l’élite.